Bourse Révélations Emerige 2016
collective exhibition 'Une inconnue d'avance', Villa Emerige, Paris
curated by Gaël Charbau

Autumn, 2016 copper-zinc leaf, site-specific installation dimensions variable, approx. : 115 x 160 cm

Autumn, 2016
copper-zinc leaf, site-specific installation
dimensions variable, approx. : 115 x 160 cm

“Two venetian blinds are laid out at a right angle with diffusing neon lights of various temperatures hanging from them… Sophie Kitching’s work, Day 1/2 — 2/2 (2015) is emblematic of her visual experiences. Presented in the darkness, the artwork suggests a sort of impish strangeness and states an immediate presence in the space, toying with our domestic reflexes. It is a collage, in the sense that those elements are simply brought closer, laid out and presented as a logical consequence to ready-mades. In viewing the collective placement of works created by the artist, a few principles that seemingly guide her work can be found.  The artist explains this effect in this way: «I usually work with simple materials. I alter them, transform them, bring them together and reuse them in a different way than their daily use. Their low cost allows me to try multiple experimentations. I like the idea that the object already exists, that it doesn’t need to be built and that it can thus be transformed immediately.»* However in August (2014), she uses a slightly more precious material: gold leaf, that is used to directly delimit the sun reflecting through a window onto an uneven wall, referring to the Japanese technique called kintsugi. In the sculpture called Nuits américaines (American Nights, 2015), a fragment of a branch maintains the letters “re-”, formed by neon lights, in an aquarium half filled with water. Designed to be installed in a darkened room, the artwork refers to Chateaubriand’s “summed up landscapes”. The presence of landscape is evident in her work: whether it is abstract and created with paint and collage (the series Mirror Painting or Veranda, 2016), manifested in the shape of a recollection in her videos, or explicitly enhanced with oil paint on Watkins’ digital prints (Over Watkins, 2015), it is always about space, light, intricate materials and overlapping seams. With the perceptible strength of her intuitions, Sophie Kitching guides us through an environment that seems to offer the systematic sloughing of ordinary objects: towards the west of art, in this place where poetry resides.” Gaël Charbau

* From an interview published on the website Point Contemporain (www.pointcontemporain.com/sophie-kitching-day-12-22)

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“Deux stores vénitiens, disposés à la perpendiculaire, auxquels sont suspendus des néons difusant des lumières de diférentes températures... L’œuvre de Sophie Kitching, Day 1/2 — 2/2 (2015) est emblématique des expériences visuelles de l’artiste. Présentée dans l’obscurité, la pièce difuse une sorte d’étrangeté mutine, afirme une présence immédiate dans l’espace, jouant sans doute de nos réflexes domestiques. Il s’agit d’un collage, au sens où ces éléments sont simplement rapprochés, agencés et présentés, comme quelque chose d’une suite logique aux ready-made. En la replaçant aux côtés d’autres pièces de l’artiste, on y retrouve quelques principes qui semblent guider son travail, elle s’en explique ainsi: «Je travaille habituellement avec des matériaux simples. Je les modifie, les transforme, les associe entre eux, les réutilise d’une manière diférente de leur usage quotidien. Leur faible coût me permet de tenter de multiples expérimentations. J’aime l’idée que l’objet existe déjà, ne pas avoir besoin de le fabriquer et pouvoir le transformer de manière immédiate.»* Dans August (2014), c’est pourtant un matériau un peu plus précieux qu’elle utilise: des feuilles d’or, à l’aide desquelles elle vient circonscrire directement sur un mur accidenté les reflets du soleil passant par une fenêtre, en utilisant la technique japonaise dite du kintsugi. Dans la sculpture Nuits américaines (2015), un morceau de branche maintient les lettres «re-», dessinées en néon, dans un aquarium rempli à moitié d’eau. Destinée à être installée dans le noir, l’œuvre fait référence aux «paysages résumés» de Chateaubriand. Cette présence du paysage est évidente dans le travail de l’artiste: qu’il soit abstrait et traité en peinture et collages (les séries Mirror Painting ou Veranda, 2016), qu’il soit convoqué sous forme de mémoire dans ses vidéos, explicitement rehaussé de peinture à l’huile sur des tirages numériques de Watkins (Over Watkins, 2015), c’est toujours d’espace, de lumière, d’intrication des matériaux et de recouvrements dont il est question. Avec la force sensible de son intuition, Sophie Kitching nous promène dans un monde qui semble proposer la mue systématique des objets ordinaires: vers l’ouest de l’art, cet endroit où habite la poésie.” Gaël Charbau

* Extrait d’un entretien paru sur le site Point Contemporain (www.pointcontemporain.com/sophie-kitching-day-12-22)